lundi 19 mai 2008

Pause "Vécu"

Mon titre a plusieurs sens. Sur le coup, je ne l’ai même pas réalisé. Cela arrive parfois dans la vie, la convergence ne charrie pas seulement du péjoratif, aujourd’hui, il serait mélioratif, le contraire de péjoratif, d’après le Petit Robert. Tu rajoutes un « a » et ça y est, ça sonne plus familier : a-mélioratif !
Je reviens à ma pause « Vécu », je suis en plein dedans et elle implique une pause du « Fictif » pour lire et vivre du « Vécu ». Je réalise, et les derniers billets d’Éric Simard (Philippe, Les années, On n’est pas là pour disparaître) m’ont aidé à y voir plus clair ; j’ai une attirance folle pour les histoires vécues intenses. Pas les bio rédigées parce que l’on est connu et que l’éditeur a le goût de faire de l’argent sur le dos d’une popularité, non, les trop-pleins de vie qui doivent sortir de la bouche d’un écrivain-e pour qui les mots sont du sang qui coule dans ses veines, pour qui écrire n’est jamais vain, toujours libérateur et nécessaire.

Lire du vécu me ramène au mien et certains jours, cela aussi est nécessaire pour ne pas dire incontournable. Comme en ce moment où mon regard est tourné vers moi, vers mon nombril !
Quand on tient un blogue, il y a tant de « je » qui transparaît qu’il serait difficile de taire que je serai au ralenti dans les jours prochains. J’ai à cœur que vous sachiez que je ne me désintéresse pas du Passe-Mot, je dois tout simplement me faire enlever un morceau de trop dans le corps. J’écris cette phrase sans trop frissonner mais cela ne s’est pas fait en un jour ! Je ne prends rien comme convenu dans la vie, c’est une manie qui me donne bien du fil à retordre. Il est convenu maintenant que lorsque l’on (le corps médical, mettons) découvre qu’un morceau de notre corps cause plus de problèmes que de services, on a la « bonne » idée de le retirer. C’est le genre de solution qui me projette en arrière, dans le temps où aucun médecin ne retirait aucun morceau du corps de quelqu’un à part son sang (les ponctions ; changer le sang pour repartir avec du gros bon sang !). La solution « chirurgie » qui rime un peu trop avec boucherie dans ma tête, m’apparaît un peu artificiel. Il a donc été difficile pour moi de convaincre mon cerveau que c’était pour mon bien. On allait faire deux incisions, me jouer à l’intérieur et arracher (oups !) retirer les éléments dérangeants, vérifiant du coup l’état des lieux (!) pour que j’aille mieux. J’ai l’imagination vive et de savoir que ces morceaux vont être coupés, analysés, congelés, me donne froid dans le dos ! Ça me demande plus de foi que de croire à un extra-terrestre ou même à la Vierge Marie qui apparaît dans une douce lumière ! Je suis ainsi faite et je le réalise. Mon cœur, siège de mes émotions, m’empêche d’aborder la chose scientifiquement, à savoir que lorsqu’il y a un volumineux kyste qui élit domicile sur un ovaire maintenant inutile, on retire les deux et l’affaire est tiguidou !

Tout cela va se passer mercredi, le 21, et au mieux, si rien n’est malin (et là, les médecins ne s’éternisent pas sur le sujet), on enlève que l’ovaire. Je vous reviendrais alors très bientôt car avec le virage ambulatoire, l’hôpital se transporte à la maison et le mari se transforme en infirmier. Un infirmier bédéiste, en plus !

Alors, vous comprenez mieux maintenant pourquoi j’achève « Des rires, une larme » de Michel Fugain, que j’avale goulûment les lettres intimes de Gabrielle Roy (Oh non, vous ne saviez pas que je lisais du GB ?!?) et finalement pourquoi les choix de lecture d’Éric Simard m’attirent au plus haut point.

Moi, avant de vous le l’écrire, je ne le savais pas.

P.S. Le risque est grand que je vous revienne avant le jour X, j’ai une lettre qui me démange (hermétisme volontaire) !

11 commentaires:

JULES a dit...

Prise deux, le 1er message n'a pas fonctionné! Je disais: restons positifs ma chère Venise et reviens-nous en grande forme et plus légère! En passant, c'est vrai qu'Éric nous "stimule" pas mal ces jours-ci. Voilà! Je t'embrasse faute de ne pouvoir t'envoyer de fleurs après l'opération!!!

Karine a dit...

Repose-toi bien Venise et reviens-nous en grande forme! Je vais tenter de t'envoyer des ondes positives assez fortes pour passer le Parc! :)

Éric a dit...

C'est fou l'effet que les mots des uns peuvent avoir sur la vie des autres. C'est pour ça qu'on écrit, qu'on lit. Ça aide à mieux vivre.

pgluneau a dit...

Wouin! C'est des grosses nouvelles!... Mais comme on sait, Alain et moi, que tout se passera bien, on ne s'en fait pas trop! On pense à toi fort fort... et on te souhaite de bonnes lectures de convalescence... incluant quelques BD!

Caro[line] a dit...

A tout de suite !

Frisette a dit...

Comme les autres, je t'envoie aussi toutes les ondes positives possibles. Prends soin de toi et prends le temps qu'il faut pour te remettre.

Bon courage!

Venise a dit...

@ À tous : Je fais une réserve de vos bonnes pensées, je les mets dans ma petite valise et je me sens plus forte. Surtout, que dans la vie, combien de fois, on s'en fait pour rien et que finalement c'est bien moins pire que prévu ... pardon, que imaginé !?
Merci.

Anonyme a dit...

Quel que soit le morceau à enlever, j'espère qu'il te libèrera d'un poids inutile, envahissant, qui t'empêche juste de prendre ton envol ma chère Venise, toi qui mérite tant de goûter le ciel en déployant tes ailes. Jacob (fiston) et moi allons te garder dans nos pensées et visualiser, chaque soir, qu'un nouvel oiseau, beau comme le cardinal, avec un chant puissant et mélodieux, refasse surface et nous fasse bénéficier de son envol vers de nouvelles lectures, nouveaux échanges, nouvelles petites touches personnelles livrées ici et là, comme un pigeon voyageur tiens.

Gros calins !

Mrs Pillsbury, de son vrai nom Annie
xxx

Phil a dit...

J'espère que tout s'est bien passé pour ta chirurgie et que tu es de retour à la maison. Je te souhaite un bon rétablissement.

Je suis un peu plus partagé que toi sur le fait de lire du vécu. Il faut que ce soit bien écrit. Pour moi le vécu me fait un peu penser aux articles qu'on peut lire dans la Sélection du Reader's Digest. C'est dur d'en faire un livre entier.
Il y a aussi le genre dit autofiction où un auteur prend des faits qu'il ou elle a vécu et romance un peu autour. J'ai lu un livre de Justine Lévy récemment et ça ne m'a pas emballé, même chose avec Lolita Pille.

Danaée a dit...

Chère Venise, j'espère que tout s'est bien passé aujourd'hui.

Je te souhaite une bonne convalescence aux côtés de ton "infirmier-bédéiste"! en espérant que ton dossier sera bien traité (et non perdu!)

Grosses bises et amicales pensées.

les_Singes a dit...

Salut Venise, je viens de voir ton message et d'apprendre du même coup que ça va mieux. Heureusement qu'il était sain... bonne occasion de remercier tous les Saints.
Dis à ton bédéiste d'infirmier que c'est de Saint qu'il est question là, pas de seins :))) Arf les hommes!