jeudi 27 septembre 2007

Des cendres et du vent


Je m'empresse de situer mon titre, pour ne pas me faire accuser de plagiat. C'est le titre d'un roman jeunesse publié sur le web par Frédéric Jeorge, un informaticien français.

La jeune Marie-Pier Côté, une jeune Québécoise, a dû le trouver vraiment captivant ce roman fantastique, lu sur le web. En tout cas, abordable. Tellement abordable qu'elle a eu l'idée de le copier mot pour mot, et ensuite prétendre en être l'auteure. En le lisant, les parents de l'adolescente de 12 ans ont trouvé leur fille très talentueuse. Comme tout bon parent, ils ont voulu qu'elle réalise que des efforts ça se récompensent. Ils ont donc proposé le manuscrit à des maisons d'édition. Ce sont "Les Intouchables" qui ont été touché ou en tout cas, impressionné en apprenant que l'auteure était en si bas âge. On est parfois en face de génie, ce n'est pas le temps de lésiner, reconnaissons-le. Ce qui fût fait et "Laura l'immortelle" , roman fantastique destiné à la jeunesse vit le jour en janvier 2007.

Le titre de Laura l'immortelle" portait un présage, celui de l'éphémère car, j'aimerais bien savoir comment, mais les yeux de l'auteur de "Des cendres et du vent" sont justement tombés sur cette parution québécoise "Laura l'immortelle". Évidemment, ce Jeorge, après s'être insurgé, a entamé une poursuite auprès de la maison d'édition qui eux, sont revenus contre les parents, leur réclamant 24,469.32 $ couvrant les frais encourus pour la publication, ainsi qu'un 5,000 $ pour réparation. Réparation de quoi ? L'histoire n'est pas claire à ce sujet. L'orgueil, peut-être. Oui, l'orgueil de s'être fait berner par une gamine. Quand on est parent, on se sent prêt, n'importe quand, à croire au génie de sa progéniture. Aussi, c'est cher payé pour eux mais, paraîtrait-il, qu'il y a eu une entente hors Cour entre Michel Brûlé, directeur des Intouchables et les parents. Tant mieux.

Le père de l'enfant est catégorique : sa fille a eu sa leçon à vie. La honte. Une honte publique à hauteur de médias ... et de blogue.

Ce que je retiens de cette histoire est combien c'est tentant de copier à partir du web parce que facile. Un peu comme si tout ce qui se publiait sur le web appartenait à tout le monde. Des adultes se laissent tenter ou n'y plus très clair encore plus un enfant ! Les interdits ne sont plus les mêmes qu'au temps des almanachs, des bibles et des Séraphin Poudrier. Du mot, il s'en écrit des tonnes, autant qu'il s'en copie des tonnes. La propriété morale est un peu comme du vent, appartenant à tous, pour certains.

Ah oui, j'oubliais, le directeur des Intouchables, Michel Brûlé, a remis tout le profit des ventes du roman disponible sous le titre de Laura l'immortelle à Frédéric Jeorge qui n'avait sûrement pas prévu cette inespérée retombée de revenus.

2 commentaires:

Réjean a dit...

Au risque de paraître mauvaise langue, quand on connait la réputation de cet éditeur, je parierais qu'il a quand même réussi à faire un peu de profit avec cette affaire-là, non ?

Mistral a dit...

Un peu de profit, dites-vous? La première réaction de cette crapule fut de prétendre n'avoir pas lu le manuscrit avant de le publier (si c'est vrai, c'est aussi pire que ce dont il se défendait: n'avoir pas remarqué qu'une fillette ne pouvait en aucun cas être l'auteur de ce livre, génie ou pas génie).

Sa seconde réaction fut de réclamer aux parents la totalité des frais encourus, plus des dommages, sans offrir de partager la responsabilité.

L'auteur véritable avait précisé qu'il ne demandait pas de réparation pécuniaire, seulement une réparation morale. Il ne connaissait pas Brûlé.